| Déclic et des
claques...
Pierre-Olivier Berthet est né en Lorraine sous le signe du gémeau ascendant balance un an avant mai 68. Après avoir été "dégoûté" de la musique par le solfège à l'âge de 11 ans, il prend une claque en entendant "Yellow Submarine" braillé par un folksinger dans les rues de Metz. Deux ans plus tard, un copain lui apporte un disque piqué à son grand frère. "Ca s'écoute fort, c'est génial...". Profitant d'une absence des parents, il reprend une nouvelle claque à l'écoute de "Machine Head" de Deep Purple. A 14 ans, on l'autorise à aller à son premier concert. Un samedi, il est 14 heures. Dernière et ultime claque, il y avait l'avant, il y aura l'après Trust... Après avoir acheté une guitare électrique, il monte son premier groupe, fait quelques concerts, une radio et une première maquette. |
Homme Studio...
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400 concerts...
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Informatique et liberté
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Solo boy
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Astaffort
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"Pudeurs" En septembre 1999, soit 3 mois après la sortie de l'album "Pudeurs" dans sa version autoproduite, Berthet remporte le trophée Radio-France (truffe d'argent de Périgueux). La chanson "A la terrasse d'un café" lui permet même d'entrer dans le classement Aircheck-Ipsos des meilleures diffusions radio en novembre... Puis les contacts avec les maisons de disque ont abouti à la signature en février 2000 avec Barclay et Universal... L'album ressort donc avec deux titres supplémentaires en mai 2000. Ensuite, d'articles de presse en émission de radios et quelques télés, Berthet continue sa route sur scène accompagné de ses 3 musiciens (rencontrés à l'époque du CMCN) : Raoul Wisniewski à la batterie, Bernard Brand à la basse, Miguel Leroy à la guitare, sous forme de mini-concerts acoustiques ou de concerts plus classiques... |
"Equivoque" Après de longs mois de travail avec sa parolière Valérie Fauchet, son batteur Raoul Wisniewski et en solo, Berthet propose une trentaine de titres pour son nouvel opus. Douze sont finalement sélectionnés et enregistrés grâce à un studio mobile et un ordinateur portable... Le nouvel album "Equivoque" marque donc un nouveau pas pour Berthet dans l'utilisation de l'informatique musicale... Et également l'arrivée de Raoul Wisniewski dans un rôle d'auteur... Sorti sur le label Rochelais Cristal Records, distribué par XIIIbis Records, l'album sera suivi d'une tournée de quelques dates en trio (avec Pierre-Alain et Paul-Emmanuel Delaunoy comme section rythmique) avec une apothéose lors d'un concert au XXème Festival des Francofolies de La Rochelle été 2004. |
"Alouette" Après être retourné à Astaffort comme intervenant, il fait la rencontre de Dana Kern, auteur compositeur interprète, avec laquelle il travaille sur l'album "Premier regard". Il l'accompagnera également lors de concerts et de showcases comme guitariste. Vient ensuite le temps de se remettre au travail, avec l'aide de Dana Kern et de David Obeltz (Scapin) comme auteurs sur quelques titres. Se ressourçant auprès des artistes qu'il affectionne (Joe Jackson, Bruce Springsteen, John Mellencamp, The Clash, etc.), il enregistre entièrement seul dans son studio la totalité des instruments, et réalise puis mixe "Alouette", album éclectique et électrique dont la couleur "rock" est réellement affirmée. |
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2008 Chronique d'un "Troisième" album attendu... Berthet sort un troisième album, intitulé « Alouette ». Pour ceux qui l’auraient oublié - turn over de la scène musicale oblige - Berthet c’est d’abord un parcours de musicien, guitariste de formation qui forge sa patte dans différents groupes jusqu’à entamer une carrière solo en 1998. Il est propulsé parmi les artistes de la scène montante cette même année en remportant le trophée Radio France de la Truffe d’Argent à Périgueux. Son talent ne passe pas inaperçu et Berthet est bientôt courtisé par Barclay qui signe son premier album « Pudeurs » dont on retiendra le mérite de sa singularité. On se souviendra de l’irrésistible et radiophonique « A la terrasse d’un café » avec Berthet dans un rôle (NDLR : de composition ?) de séducteur timide et malheureux. Dans un style qui n’appartient qu’à lui, Berthet réussit le mélange improbable, d’influences rock, de tourneries trip hop, et de folksong pour donner à entendre des pièces qui brillent par la richesse de leurs mélodies. Deux ans et un album plus tard, Berthet a changé de maison de disque, et se met entre les mains d’une nouvelle équipe pour défendre son dernier opus « Equivoque ». Si Berthet nous avait déjà laissé supposer que sa première maîtresse était une guitare, cette fois il entérine la chose sans "pudeurs". Elles sont partout, écorchées vives, teintées, hurlantes, railleuses, passionnées, nucléaires. Le vernis du beau et gentil garçon a fini par craquer. Si l'interprète sait garder la voix douce |
et enjôleuse, il sait aussi crier sa rage, ses regrets, son impuissance se montrant sous un nouveau jour où la tiédeur polie a de moins en moins sa place. Il nous offre un de ses plus beaux titres « Sous les pavés (Maria) ». Mal défendu, victime du business, de mauvais choix d’extraits d’album, en définitive, « Equivoque » n’aura pas la reconnaissance attendue. Après sa participation aux XXèmes Francofolies de la Rochelle en juillet 2004, pour Berthet c’est l’heure du bilan et de la remise en question. Après les déceptions, viennent les doutes, après les doutes, vient la colère, et après la colère, le retour au calme et les prises de décisions. Et de se remettre au travail. Après une absence de deux ans, il revient avec un nouvel album de 12 titres dont 8 sont entièrement de sa composition (paroles et musiques). On notera la participation de deux nouveaux paroliers : David Obeltz (Scapin, ex-bassiste de Daran) pour un « A force » entêtant et agressif, et Dana Kern, auteur compositeur interprète, rencontrée aux rencontres musicales d’Astaffort de Francis Cabrel, avec laquelle il a travaillé sur son album « Premier Regard ». Ses influences musicales, on le sent, sont variées, de la pop anglaise (XTC), aux racines du blues et du folksong américain (Mellencamp), en passant par le rock français à la Aubert, le punk grande époque, Berthet tend à réunir ses préférences sans céder à l’air du temps. La trinité guitare-basse-batterie est omniprésente et les guitares sont toujours aussi soignées et expressives. Toutefois, la présence de claviers (piano, orgue Hammond, etc.) est une évolution majeure dans l’ambiance des arrangements. |
Berthet dit ne pas se considérer comme un chanteur, voilà peut-être pourquoi il parvient à convaincre par son interprétation, souvent sobre mais juste, qui convient tout particulièrement aux thèmes délicats et sujets à controverse dont il traite (« Un chien abandonné »). Le ton est donné, il sera sans complaisance, Berthet veut simplement dire ce qui le touche. Il est las d’arrondir les angles pour se faire aimer, le caractère se trempe, et les thèmes de ses chansons reflètent un arrêt à la croisée des chemins entre présent et avenir. Il se réjouit comme un enfant « A la lumière » des sourires de sa belle, souffre des relations amoureuses conflictuelles comme un adolescent « Tu m’as déjà manqué », règle ses comptes avec la télé réalité à coup de comptine innocente « Alouette » teintée de punk à la Stranglers, s’inquiète, résolument adulte, du sort du genre humain « La raison d’état », cherche, résolument humain, à croire encore au moins en une femme pour son salut « Les mains jointes » ou à se protéger dans une fuite en avant avec l’utopique « Ferme mes yeux » jusqu’à attendre résolument « Les bras croisés ». La fin ? Une réparation ? Après nous avoir emmenés sur une mer agitée, sous toutes ses casquettes, il donne le coup de grâce final avec un « Je ne vous ai pas tout dit » qui tombe définitivement le masque du Berthet lisse et conciliant. Quand, mot après maux, dans une ultime tentative pour se dire, Berthet se livre aux aveux et jette à la figure du monde les lambeaux d‘une âme déchirée par son côté obscur, alors, avec un sourire de contenance figé pour cacher ses points de touche, religieusement, on l’écoute jusqu’au sang. E. S-M |
Chronologie
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